LA REVUE DU DESIGN – Création de Joining Bottle

Joining Bottle, une technique de recyclage astucieuse et peu conventionnelle

Installée à Londres, Micaella Pedros se décrit comme une designer sociale et humanitaire. Après son diplôme en design industriel obtenu au sein du prestigieux Royal College of Art en 2016, elle s’est lancée dans un projet qui a particulièrement retenu notre attention. Joining Bottles est l’expérimentation d’une nouvelle technique d’assemblage du bois en utilisant de vieilles bouteilles plastiques.

Le constat de Micaella Pedros est simple, en la chauffant, une banale bouteille en plastique se transforme en un matériau capable de lier des pièces de bois pour les transformer en structures fonctionnelles. Un projet très ancré dans une dimension sociale, puisque comme le souligne la designer ce type de matériaux abonde dans des régions du globe très défavorisées et où ils ne demandent qu’à être ramassés.

En favorisant la collecte des bouteilles en plastique et les déchets de bois, ce projet entend offrir des alternatives en terme de conception de mobilier ou de petits habitats. La technique peut s’adapter à différentes formes qui permettent de composer des structures à partir de matériaux de récupération. Micaella Pedros poursuit son raisonnement en expliquant que « les différents types de bouteilles et essences de bois disponibles dictent l’aspect final et la composition du travail. Dans ce sens, une conversation unique est engagée dans chaque pièce. Il laisse de la place au hasard et à la spontanéité, humanisant le processus créatif. »


Et vous, que pensez-vous de cette technique ? N’hésitez pas à réagir dans les commentaires.

Pour en savoir plus sur le travail de Micaella Pedros, visitez son site.

LA REVUE DU DESIGN – Vase Lean par Nendo

Vase Lean par Nendo

Le designer Oki Sato poursuit ses collaborations avec le marbrier et éditeur italien Marsotto edizioni. Présenté dernièrement, le vase « Lean«  souligne la virtuosité de Nendo pour détourner les matériaux tout autant que nos perceptions. Composé d’une plaque de marbre légèrement inclinée et soutenue par un cône retourné et dissimulé, ce vase parvient à jouer avec la notion d’équilibre en laissant à penser que le marbre est un élément léger.

De prime abord, on découvre cette plaque de marbre massive à l’inclinaison suggérant un équilibre faussement précaire.

Elle s’appuie en réalité sur ce cône retourné qui constitue la base du vase. Invisible de face, ce cône, en plus d’assurer la stabilité de l’ensemble, se trouve être l’élément fonctionnel du vase.

Les fleurs semblent alors émerger de la plaque de marbre. Un projet qui mise avant tout sur une poésie minimaliste, trompant notre perception de l’équilibre et de la légèreté.

Photographies : © Akihiro Yoshida

LA REVUE DU DESIGN – Les emojis, gargouilles de l’architecture contemporaine

Les emojis, gargouilles de l’architecture contemporaine

Aux Pays-Bas, l’architecte Changiz Tehrani de l’agence Attika Architekten a intégré sur la façade de son dernier bâtiment… des emojis ! Les visages souriants s’invitent sur la façade d’un immeuble de la ville d’Amersfoort, dans le centre de la Hollande. Signes que ces visages souriants sont ancrés dans l’imaginaire collectif, l’architecte les a utilisé comme des gargouilles des temps modernes.

Au site the Verge, l’architecte expliquait son choix : “In classical architecture they used heads of the king or whatever, and they put that on the façade. So we were thinking, what can we use as an ornament so when you look at this building in 10 or 20 years you can say ‘hey this is from that year! There’s all these young people there, and emoji is a thing of now. The students sit in the square and have lunch and they take pictures. They like it. And with our architecture we always like to put in small details that makes the project a little bit more than a boring building.”


Comme il l’explique, l’architecte ne craint pas que son projet se démode, arguant que par le passé, ce furent les têtes des rois ou des saints qui ornaient les façades. Pour lui, ces smileys permettront de « dater » le bâtiment. A part cet intervention de façade, l’immeuble de brique rouge abrite des boutiques au rez-de-chaussée et des habitations sur les étages supérieurs.

À l’origine conçus par Shigetaka Kurita 1999, les 176 modèles d’emojis étaient constitués sur une base de 12 pixels par 12. Aujourd’hui intégrés dans la collection du Musée d’Art Moderne de New York, ils sont désormais plus de 1000 symboles, prêt à intégrer nos discussion textuelles.

Photographies : © Bart van Hoek